Les migrations internationales en France en chiffres
Les migrations internationales en quelques questions clés
Graphique et son commentaire : Combien de personnes viennent s’installer en France chaque année ? Et combien partent vivre à l’étranger ?
Tableau 1 : Quel est le profil socioéconomique, en termes de diplôme et de statut d’emploi, des étrangers arrivés récemment en France ? En quoi les divers courants migratoires se différencient-ils ?
Tableau 2 : De quelles nationalités sont les étrangers primo-arrivants en situation régulière ? Combien de premiers titres de séjour sont délivrés chaque année aux ressortissants des 25 principaux pays ?
Quelques notions et précisions préalables
Une migration internationale est le fait pour une personne de changer de résidence habituelle. Ceci correspond à deux types de flux : une sortie pour le pays d’origine et une entrée pour le pays de destination. Il ne faut pas les confondre avec l’effectif de la population d’immigrés installés dans un pays qui est le résultat de ces flux cumulés au fil du temps (stock). Seules les entrées suivies d’un séjour d’au moins un an sont comptabilisées.
Le solde migratoire est la différence entre les entrées sur le territoire et les sorties du territoire, à l’instar du solde naturel qui est la différence entre les naissances et les décès ayant lieu sur le territoire français. Le solde migratoire est positif lorsque le nombre d’entrées est supérieur aux sorties. Dans le cas inverse, il est négatif. Un solde migratoire proche de zéro ne signifie pas l’absence de mouvements migratoires, dans la plupart des cas, il s’agit d’une exacte compensation.
Quelques autres précisions utiles…
Le graphique et le tableau 1 décrivent les mouvements migratoires observés dans la population totale, de toutes nationalités (données de recensement de population). Le graphique 2 résulte de traitements de données administratives (premiers titres de séjour délivrés à des étrangers non ressortissants de l’UE).
Pour plus de précisions
- Revue Population - Article de conjoncture
- Population et Sociétés - Migrations internationales : ce que l’on mesure (ou pas)
- Population et Sociétés - L’admission au séjour des demandeurs d’asile en France depuis 2000
- Blog de l'Insee - S’y retrouver dans les chiffres de l’immigration
- Insee Première - Entre 2006 et 2023, le nombre d’immigrés entrés en France augmente et leur niveau de diplôme s’améliore
- Revue Population - Caractérisation des flux migratoires en France à partir des statistiques de délivrance de titres de séjour (1998-2013)
- Population et Sociétés - Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales
- Cartes interactives - Les migrations dans le monde
Flux migratoires par lieu de naissance
Note : Les personnes non immigrées sont nées en France ou nées Françaises à l’étranger.
Champ : France hors Mayotte jusqu’en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
Sources : Insee, EAR 2007 à 2024 et estimations d’entrées pour Mayotte ; recensements de la population et estimations de population ; estimation des sorties.
Lire ces graphiques
Les flux migratoires désignent les entrées et les sorties du territoire français. Le solde migratoire désigne la différence entre le nombre d’entrées et de sorties. Ils sont ici présentés pour deux sous-groupes : les immigrés et les non-immigrés. Les immigrés sont les personnes nées de nationalité étrangère à l’étranger, et résidant en France. Par opposition, les non-immigrés sont les personnes nées en France ou nées Françaises à l’étranger. Pour un groupe de population donné, s’il y a eu plus d’entrées que de sorties sur une année donnée, on parle d’un solde migratoire positif : les flux migratoires du groupe concerné participent de la croissance de la population totale sur le territoire. En revanche, s’il y a eu plus de sorties que d’entrées, le solde migratoire est négatif : la migration du groupe concerné engendre une perte de population sur le territoire.
Immigrés et non-immigrés n’ont pas le même rapport à la mobilité géographique
Pour les immigrés, les flux d’entrées ont augmenté pendant la deuxième moitié des années 2010, passant de 234 000 entrées en 2006 à 307 000 entrées en 2019. Le nombre de sorties est aussi en augmentation, mais à un niveau plus bas, avec un maximum à 125 000 en 2010. En conséquence, le solde migratoire pour le groupe des immigrés est positif, autour de + 180 000 personnes en 2019. Dit autrement, pour une sortie d’immigré, il y a plus de deux entrées. Si la France est historiquement un pays de destination des immigrés, elle est aussi un pays d’émigration. Pour les personnes nées en France ou nées Françaises à l’étranger, le solde migratoire est négatif, en raison d'un nombre de sorties supérieur au nombre d’entrées. Par exemple, en 2019, il y a eu 180 000 sorties de non-immigrés, et seulement 125 000 entrées, soit un solde migratoire de - 55 000. Le ratio entrées / sorties des non-immigrés s’établit alors à une entrée pour moins de deux sorties.
Les migrations internationales : des variations parfois subites et imprévisibles
Des événements conjoncturels peuvent influer sur les flux migratoires. Ce fut notamment le cas de la crise du Covid-19, au cours de laquelle la fermeture des frontières a entravé les déplacements, avec un recul à la fois des entrées et des sorties du territoire pour les immigrés. La crise sanitaire a aussi eu un impact sur les circulations des personnes nées en France. En 2020-2021, le nombre de sorties du territoire des non-immigrés est en forte baisse. En 2021, pour la première fois depuis 15 ans, le solde migratoire des non-immigrés est positif. Pour les personnes nées en France, la crise sanitaire a pu entraver des départs à l’étranger, par exemple pour les études ou pour le travail. Autre exemple de choc migratoire, la guerre en Ukraine qui a provoqué un afflux de réfugiés en 2022.
Le solde migratoire cumulé de ces deux sous-groupes engendre une augmentation de la population résidant en France, d’environ 200 000 personnes par an au début de cette décennie et c’est désormais le seul facteur de croissance démographique. En effet le solde naturel (différence entre les naissances et les décès) est devenu négatif en 2025.
Références :
Beauchemin C., Caron L., Haddad M., Temporal F., 2021, « Migrations internationales : ce que l’on mesure (ou pas) », Population & Sociétés, N° 594, 10, p. 1‑4.
INSEE, 2025, « Flux migratoire : des entrées sur le territoire en baisse en 2023, mais toujours à un niveau élevé », INSEE Première, 2050.
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Pour plus de précisions
Premier titre de séjour d’un an et plus pour les nationalités les plus importantes
Champ : Titres de séjour d’une durée d’un an et plus délivrés aux ressortissants des pays tiers (hors pays membres de l’Espace économique européen et de Suisse).
Source : Calculs des auteurs-e-s à partir des données AGDREF ; D. Breton, N. Belliot, M. Barbieri, J. Chaput, H. d’Albis, L’évolution démographique récente de la France : Une position singulière dans l’Union européenne. Population, vol. 79 (4), 2024.
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Caractéristiques des immigrés entrés en France en 2023, en %
Champ : immigrés entrés en France en 2023, âgées d’au moins 25 ans (diplômes) ou d’au moins 15 ans (emploi)
Notes : Les pays d’Europe du sud sont l’Espagne, l’Italie, le Portugal .
Lecture : en 2023, 25% des immigrés originaires d’Afrique entrés en France après 25 ans n’avaient aucun diplôme .
Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2024.