Les populations d’origine étrangère en France en chiffres
Les populations d’origine étrangère en quelques questions clés
Graphique : Combien d’immigrés et d’étrangers vivent actuellement en France ? Combien étaient-ils dans le passé ? Visualisez le graphique et son commentaire.
Tableau 1 : Quels sont les principaux pays d’origine des immigrés ? Quelles origines prennent de l’importance, lesquelles sont en recul ?
Tableau 2 : La plupart des enfants d’immigrés sont français. Où sont nés leurs parents ? Cette seconde génération est-elle toujours majoritairement européenne ?
Quelques notions et précisions préalables
Un étranger est une personne qui ne détient pas la nationalité française. Un immigré est une personne née à l’étranger avec une nationalité étrangère à la naissance et qui vient s’installer en France. Un immigré peut ensuite acquérir la nationalité française.
Il restera qualifié d’immigré tant qu’il vit en France. Un descendant d’immigré (seconde génération) est une personne née en France dont l’un des parents (ou les deux) est immigré.
Pour plus de précisions
Vidéo - Immigré et étranger
Immigrés et étrangers de 1921 à 2024
Champ : France hexagonale de 1921 à 1982 ; France hors Mayotte de 1990 à 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
Résultats provisoires en 2023 et 2024.
Note :
- Les étrangers sont les personnes qui résident en France et qui ne possèdent pas la nationalité française.
- Les immigrés sont les personnes nées de nationalité étrangère à l’étranger.
Source : Insee, recensements de la population (données réajustées en 2019, 2020 et 2021) et estimations de population.
Lire ces graphiques
Ces deux graphiques représentent le nombre d’immigrés et d’étrangers qui résident en France depuis 1921, et leur part dans la population française. Les immigrés sont les personnes nées de nationalité étrangère à l’étranger, et résidant en France. Les étrangers sont les personnes résidant en France qui ne possèdent pas la nationalité française. Les deux populations ne se recoupent pas exactement. On peut être immigré et pourtant être Français : c’est le cas des personnes nées étrangères à l’étranger, et ayant acquis la nationalité française. On peut aussi être étranger et pourtant ne pas être immigré, c’est-à-dire être né étranger sur le territoire français, sans avoir – encore – acquis la nationalité française. C’est par exemple le cas des enfants nés de parents étrangers en France, qui ne peuvent obtenir la nationalité française sous certaines conditions qu’à partir de 13 ans.
Le premier graphique présente l’évolution absolue des effectifs d’immigrés et d’étrangers, sans les comparer avec l’évolution globale de la population résidant en France – qui est également en augmentation sur toute la période. Le second graphique prend en compte cette évolution démographique, en contrôlant la taille de la population de la France : pour 100 personnes, combien sont étrangères ou immigrées ?
Sur longue période, une évolution en dents de scie
Le nombre d’immigrés et d’étrangers en France était proche d’1,5 million en 1921, soit environ 4 % de la population. Cette population augmente au cours des années 1920 : en moins de 10 ans, elle atteint 6 %. La France est alors la destination privilégiée des migrants européens : Italiens, Espagnols, Polonais, Belges, sont les principales nationalités. Au début des années 1930, en raison de la crise économique et de la progression du chômage, l’État met en place une politique hostile aux étrangers : fermeture des frontières et expulsions. Cette xénophobie se radicalise sous Vichy. Le nombre et la proportion d’étrangers reculent fortement jusqu’au milieu des années cinquante, retrouvant le niveau du début des années 1920. Une nouvelle donne se dessine durant les Trente glorieuses, avec une augmentation des effectifs d’immigrés et d’étrangers en France. L’État encourage alors l’immigration, afin de pallier aux besoins de main-d’œuvre, notamment dans l’industrie. De plus, dans les années 1960, avec l’accès à l’indépendance des anciennes colonies françaises et la restriction géographique du territoire français, les origines des immigrés sont de plus en plus diverses. En 1968, il y a 3,2 millions immigrés en France, soit 6,5 % de la population, et 2,6 millions étrangers (5,3 %). Si près de la moitié des immigrés sont alors originaires d’Espagne et d’Italie, 20 % sont désormais originaires d’Afrique, principalement du Maghreb. En 1974, face à la crise économique et la montée du chômage, la France met fin à l’immigration de travail, c’est-à-dire aux politiques de recrutement de travailleurs à l’étranger, ce qui explique la stagnation du nombre d’immigrés et d’étrangers au cours des années 1970. Parallèlement, l’immigration familiale se développe. Les étrangers installés en France pouvant plus difficilement retourner momentanément dans leur pays sans risquer de ne pouvoir revenir, vont recourir au regroupement familial de leur épouse et enfants. La part des femmes dans l’immigration va s’accroitre.
L’immigration, une composante incontournable au 21e siècle
Au début des années 2000, l’immigration repart à la hausse, à la faveur de deux processus. D’une part, les origines des immigrés se diversifient, et l’immigration en provenance d’Afrique subsaharienne et d’Asie se développe. D’autre part, les élargissements successifs de l’Union européenne ont favorisé les circulations des ressortissants d’Europe centrale et orientale vers la France. En 2021, il y a 6,9 millions d’immigrés en France, soit une personne sur 10. Un quart de ces immigrés sont originaires des pays de l’UE.
À partir des années 1990, la divergence s’accroit entre les deux courbes relatives aux immigrés et étrangers, ce qui s’explique par un double mouvement d’intégration. D’une part, les acquisitions de nationalité ont fortement augmenté sur la période 1995-2004. Les personnes ainsi naturalisées sortent de la statistique des étrangers mais elles restent par définition immigrées à vie. D’autre part, les immigrés s’installent plus durablement sur le territoire pour y faire famille. Ainsi par exemple, les couples d’étrangers vivant en France y mettent au monde des enfants, et ces derniers pourront acquérir la nationalité française avant l’âge adulte.
Au total, près d’un quart des immigrés sont devenus Français, soit du fait de l’ancienneté de leur présence en France, soit du fait de liens familiaux.
Référence :
INSEE, 2023, « Immigrés et descendants d’immigrés, Édition 2023 », Insee Références.
Pour plus de précisions
Télécharger les données du graphique au format XLS
Tableau 1. Immigrés par pays de naissance
(p) : Données provisoires.
Champ : France.
Lecture : le nombre total d’immigrés en 2023 est de 7,282 millions, dont 577 milles sont nés au Portugal (7,9 %).
Source : Insee, Recensement de la population , https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212.
Télécharger le tableau [XLSX]
Descendants d’immigrés par pays d’origine en 2023
Champ : France hors Mayotte ; descendants d’immigrés vivant en logement ordinaire.
Note :
- Le pays d’origine est le pays de naissance du parent immigré s’il n’y en a qu’un. Lorsque les deux parents sont immigrés, on retient, par convention, l’origine du père.
- Un descendant d’immigré (seconde génération) est une personne née en France, dont au moins un des deux parents est immigré. Le Royaume-Uni ayant quitté l’Union européenne en 2020, le pays est désormais comptabilisé dans l’ensemble "Autres pays d’Europe".
Lecture : Le nombre total d’enfants de parents immigrés (descendants de la seconde génération) en 2023 est de 8,015 millions, dont 655 milles ont au moins un parent né au Portugal (8,2 %).
Source : Insee, enquête Emploi 2023.